PRESENTATION FAITE PAR SON EXCELLENCE HONORABLE REVERIEN NDIKURIYO, PRESIDENT DU SENAT DU BURUNDI A LA 11ème CONFERENCE DE L’ASSECAA

Rabat, le 21 septembre 2017

Honorable Dr. Omer Suleiman Adam Wanis, Président de l’ASSECAA, et Président du Conseil des Etats du Soudan ;

Honorable Président de la Chambre des Conseillers du Royaume du Maroc ;

Honorables Présidents des Sénats, Shoura et Conseils membres de l’ASSECAA ;

Distingués délégués ;

Mesdames, Messieurs ;

Président

  1. Permettez-moi avant tout de vous présenter les salutations de notre délégation du Sénat burundais et celles du peuple burundais tout entier que nous représentons dans cette importante Conférence.
  2. Ensuite, permettez-moi aussi de remercier Sa Majesté Mohamed VI,  Souverain du Royaume du Maroc et tout le peuple marocain, pour l’accueil et l’hospitalité nous témoignés, durant tout notre séjour dans ce beau pays.
  3. Je remercie également le Secrétariat de l’ASSECAA et la Chambre des Conseillers du Maroc, pour leurs efforts  conjugués en vue de la réussite de cet événement.

 

Monsieur le Président ;

 

Monsieur le Président,

  1. Depuis le 26 avril 2015, le Burundi est sous les projecteurs de la communauté internationale, dont le courant dominant tente de convaincre le monde que le pays est un enfer sur terre. Ceci est fait à travers des mensonges et montages sans précédent, savamment véhiculés par les principaux médias internationaux et des organisations qui étaient sensées défendre la vérité.
  2. C’est effectivement le 26 avril 2015 qu’éclata dans certains quartiers de la capitale Bujumbura un mouvement insurrectionnel que certains ont, soit par naïveté, soit par complicité qualifié de « manifestations pacifiques contre le 3ème mandat du Président de la République ».

 

  1. Cette insurrection a malheureusement emporté des vies humaines et environ 265.000 burundais ont fui, certains vers les pays voisins du Burundi, d’autres vers l’Occident. Des biens appartenant à l’Etat et d’autres aux paisibles citoyens ont été détruits. Des cas de personnes disparues et/ou enlevées ont été enregistrés.

 

  1. 77 policiers ont été tués dans l’exercice de leur métier, 367 ont été blessés et 9 ont été enlevés, mais    personne n’en  parle dans les rapports destinés à la consommation internationale, visant à motiver les décisions malheureusement dommageables au peuple burundais, surtout à ses couches les plus vulnérables.
  1. Ce chiffre de 77 policiers assassinés démontre bien l’ampleur de la violence des insurgés, dont la stratégie était de tuer pour ensuite montrer au monde que c’est le Gouvernement qui est en train de massacrer sa propre population, et faute de prendre le pouvoir, attirer tout genre d’intervention étrangère, comme ce fut le cas en Libye par exemple. Ces chiffres montrent au même moment le niveau d’extrême retenue et de professionnalisme affiché par la police Nationale dans la gestion de cette insurrection.
  1. Mais le Gouvernement ne pouvait rester les bras croisés, et il a pris des mesures concrètes pour juguler la crise, et améliorer la situation des droits de l’homme au Burundi. Grâce à ces mesures, la situation sécuritaire est vite redevenue normale sur tout le territoire burundais. Il convient de signaler que les perturbations concernaient essentiellement quelques 6 zones de la capitale Bujumbura. Ces mesures sont notamment relatives à la lutte contre l’impunité des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des actes de génocide, le traitement des cas relatifs aux disparitions forcées et enlèvements, le rapatriement des réfugiés, l’amélioration de la situation carcérale, la promotion de la liberté d’association et d’opinion, la promotion des libertés politiques, etc.

 

  1. Dans le même ordre d’idées, le Burundi a organisé un dialogue ouvert à tous les citoyens, et a aussi soutenu le dialogue organisé à l’étranger sous les auspices de la Communauté Est Africaine.

 

  1. Ce qu’a connu le Burundi depuis avril 2015 n’est que la partie visible d’un vaste plan de déstabilisation du Burundi, préparé depuis des années, et surtout avec l’implication logistique et financière de certains pays occidentaux, avec à la tête la Belgique (ancien colonisateur du Burundi), et le Rwanda voisin du Burundi comme agent d’exécution. Le Burundi a dénoncé tout cela auprès des instances internationales, mais s’inquiète du silence de ces dernières.

 

  1. En effet, lors des élections générales de 2010, l'opposition battue par l'écrasante victoire du parti au pouvoir, le CNDD-FDD aux élections communales, décida de se retirer du reste du processus, clamant une fraude sans pouvoir en fournir la moindre preuve. Durant les 5 ans suivants, profitant de son inertie politique, les médias acquis à sa cause et certaines organisations de la société civile parmi les mieux financées par l'Occident ont voulu occuper le terrain de cette opposition.

 

  1. Une campagne de dénigrement de l'action gouvernementale fut entretenue par ces trois groupes: l'opposition radicale d'une part, les organisations de la société civile, et les médias complices d'autre part, jusqu'aux élections de 2015, en vue de préparer les esprits pour une éventuelle contestation visant à renverser le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, ancienne principale rébellion, portée au pouvoir par les élections démocratiques de 2005.

 

  1. La présentation en date du 25 avril 2015 de la candidature du Président de la République, Son Excellence Pierre Nkurunziza aux élections présidentielles fut un alibi de poids, une aubaine pour ceux-là même qui rêvaient de prendre le pouvoir à Bujumbura sans passer par les urnes, ayant constaté que la voie électorale ne leur a vraiment pas souri en 2005 et en 2010.

 

  1. C'est de là qu'est né le slogan de lutte contre le "troisième mandat" du Président de la République. Pourtant, la Cour Constitutionnelle, seule instance nationale habilitée a tranché, confirmant la légalité de cette candidature, dans son jugement rendu le 04 mai 2015. La Cour de Justice de la Communauté Est Africaine, dans son jugement rendu le 29 septembre 2015, a elle aussi confirmé le respect de la Constitution de la République du Burundi dans l'organisation et la participation des candidats aux élections présidentielles organisées en 2015.

 

 

  1. Le mouvement insurrectionnel n'avait rien d'une manifestation pacifique. Des destructions de tout genre ont été enregistrées, y compris des tueries d’innocents citoyens. C'est ainsi que beaucoup de personnes furent tuées, y compris ces policiers qui ont payé le plus lourd tribut dans l'exercice de leurs fonctions. Il convient de signaler aussi que ces soi-disant « manifestants » percevaient un salaire quotidien de la part des organisateurs.

 

  1. La stratégie des insurgés était d'enlever, tuer ou faire disparaître le maximum de gens, étaler les cadavres sur la voie publique, diffuser leurs photos sur les réseaux sociaux et dans les médias internationaux, pour accuser le Gouvernement d'être en train de massacrer sa population.

 

  1. Défait, le mouvement insurrectionnel et le coup d’Etat qui fait partie intégrante s’est converti en des actes de terrorismes, matérialisés essentiellement par des assassinats ciblés de dignitaires, des enlèvements suivis d’assassinats, et des jets de grenades dans des lieux à haute fréquentation humaine, notamment les marchés, les bars, la rue, etc.

 

  1. Des burundais sont allés se réfugier à l’étranger, mais spécialement parmi ceux qui se sont réfugiés au Rwanda les jeunes ont été enrôlés par force, formés militairement et armés pour être envoyés attaquer le Burundi. Ce fut le cas  le 10 juillet 2015, où une attaque d’un groupe de plus de 250 hommes et mineurs armés eut lieu à Kabarore en province Kayanza frontalière du Rwanda.

Monsieur le Président,

  1. Jusqu'aujourd'hui, la majorité des malfaiteurs qui commettent des crimes au pays et qui parviennent à s'échapper atterrissent au Rwanda, où ils bénéficient de tout l'encadrement et toute la protection qu'ils souhaitent. C'est notamment les putschistes du 13 mai 2015. Ceux qui ne se trouvent pas au Rwanda sont accueillis par l'Union Européenne, principalement la Belgique.

 

  1. Le Burundi est parvenu à ramener la paix et la sécurité sur tout son territoire, mais paradoxalement, un certain lobby occidental, avec la Belgique à sa tête, fait tout jusque même à faire pression sur les Nations Unies, pour nuire au Burundi, et motiver une intervention armée sous prétexte humanitaire pour renverser les institutions, et à défaut de cela, faire traduire les dirigeants du pays devant la CPI. C’est ce qui vient d’avoir lieu cette même semaine à Genève au Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.

Monsieur le Président,

  1. Le Burundi est actuellement un pays sûr, un pays où les réfugiés rentrent aujourd’hui par centaines, un pays où la population dans sa majorité appuie le Gouvernement dans son combat contre l’impérialisme et le néocolonialisme, mais malgré tout cela, un pays injustement diabolisé à partir de l’étranger, un pays victime d’un complot international visant un changement de régime, avec l’Union Européenne et la Belgique en tête, et le Rwanda comme agent d’exécution de proximité.

 

  1. Toutes les principales délégations internationales qui ont visité le Burundi, y compris l’Ancien Secrétaire Général des Nation Unies, M. Ban ki Moon, Leurs Excellences les Chefs d'Etat et de Gouvernement mandatés par l’Union Africaine, sont témoins de la paix et de la concorde entre les fils et filles du Burundi.  Mais les sanctions économiques injustes et unilatérales qu’a prises l’Union Européenne affectent très négativement le pays.Leur impact risque d’être irréversible, surtout chez les tranches les plus vulnérables de la population : les enfants, les femmes, les vieillards et autres populations en situations de détresse. Plusieurs voix se sont déjà levées pour demander la levée de ces sanctions injustes de l’Union Européenne

 

 

  1. C’est dans cette optique que nous sollicitons, tant qu’il est encore tôt, le soutien de l’ASSECAA, pour qu’elle se joigne aux autres voix en exprimant son soutien au Burundi, et qu’elle plaide pour la levée de ces sanctions de l’Union Européenne contre le Burundi, et dénonce tous ceux qui veulent saper sa paix et sa souveraineté.

Je vous remercie.

 

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