Discours d’ouverture de la session parlementaire ordinaire de février 2016 prononcé par Son Excellence Honorable Révérien NDIKURIYO, Président du Sénat du Burundi.

                                                                                       

Bujumbura, le 01 Février 2016

Honorable Madame la  Première Vice- Présidente du Sénat,

Honorable Monsieur le Deuxième Vice- Président du Sénat,

Honorables Sénateurs,

Monsieur le Président de la Cour des Comptes,

    Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,

Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants du Corps Diplomatique et Consulaire,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs les membres du personnel du Sénat,

Bonjour.

  1. Nous avons déjà eu l’occasion de rencontrer bon nombre d’entre vous pour échanger les meilleurs vœux de l’an 2016. Cependant, permettez-nous de présenter nos meilleurs vœux aux honorables Sénateurs, aux distingués invités, aux membres du personnel du Sénat ainsi qu’aux journalistes ici présents à cette cérémonie d’ouverture  solennelle de la Session parlementaire ordinaire de février 2016.

2. Nous vous souhaitons un nouvel an de paix et de prospérité, une année de travail, afin que les burundais sèment en paix et récoltent en abondance.

 3. Chers invités, nous vous remercions pour avoir répondu présent à notre invitation. Ceci témoigne que les relations qui existent entre les pays, les organisations et institutions que vous représentez  et le Sénat du Burundi sont au beau fixe.

Et ceci met en évidence votre préoccupation à l’égard de la vie quotidienne de la population qui nous a mandatés à cette institution. Nous vous remercions encore une fois et vous souhaitons la bienvenue en cet hémicycle du Sénat.

4. Cette cérémonie est organisée conformément à l’article 174 de la Constitution de la République du Burundi. C’est une occasion de vous présenter l’agenda de cette session ordinaire de février, concernant l’analyse et l’adoption des projets de loi, le contrôle de l’action gouvernemental, la représentation du peuple et bien d’autres attributions.

Honorables Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

5. Vous venez de passer le mois de janvier en vacances parlementaires, mais comme nous l’avons constaté çà et là, vous en avez profité pour visiter sur terrain la population, à travers surtout les élus locaux du niveau collinaire au niveau communal. 

6. Comme cela nous avait été réclamé par les élus collinaires lors des réunions que nous avons tenues  l’année passée avec les élus du peuple à tous les niveaux dans chacune des province, vous avez pu trouver ensemble la solution au problème crucial qu’ils avaient pointé du doigt, celui de la communication de l’information sécuritaire. Vous avez pu réunir les moyens  pour l’achat et l’octroi des téléphones mobiles aux représentants du peuple au niveau collinaire, qui leur serviront à prévenir l’insécurité par l’alerte précoce des forces de sécurité chaque fois que la situation l’exigera.

7. Nous profitons de cette occasion pour remercier tous ceux qui ont contribué au succès de cet acte. Nous voudrions aussi demander aux honorables sénateurs de préparer une synthèse de toutes les questions qui vous auraient été soumises par la population, afin que nous les analysions ensemble et s’il s’avère nécessaire, que nous invitions les ministres  à y apporter des éclaircissement, pour qu’au retour nous puissions présenter les réponses que nous jugerons urgentes.

8. Comme Son Excellence le Président de la République l’a mentionné dans son discours adressé à la nation à la fin de l’année 2015 et la veille de l’an 2016, nous devons tous nous joindre à la population et préparer ensemble l’organisation des travaux de développement dans toutes les provinces, dans toutes les communes et même sur toutes les collines. Comprenons qu’« un tiens vaux mieux que deux tu l’auras». Vous avez remarqué dans différentes circonstances et même les plus délicates dans la vie de la Nation que nous devons nous organiser.  Comme le pouvoir émane du peuple pour le peuple, qu’il en soit de même pour le développement.  Nous devons nous entraider et si nécessaire changer de comportement.

 9. En tant que sénateurs, souvenez-vous toujours que vous avez un mandat national, qu’aucune province ne doit rester en arrière. Nous appelons les membres des Conseils communaux, à soutenir prioritairement, dans le processus de décentralisation du pouvoir, les projets de développement de la jeunesse, Burundi de demain. 

Honorables Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Distingués invités,

10. Au cours de cette session, conformément à l’article 189 de la Constitution, nous sommes appelés à analyser et adopter les projets de loi suivants que le gouvernement nous a envoyés :

  1. Projet de loi portant Prévention et Répression des Violences Basées sur le Genre ;
  2. Projet de loi relative à l’insolvabilité du Commerçant au Burundi ;
  3. Projet de loi portant Système National de Paiement ;
  4. Projet de loi régissant la gestion de la dette publique ;
  5. Projet de loi portant organisation de la Pêche et de l’Aquaculture ;
  6. Projet de loi portant révision du Code Forestier ;
  7. Projet de loi portant les Suretés Mobilières Conventionnelles au Burundi ;
  8. Projet de loi régissant les Bureaux d’Information sur le Crédit ;
  9. Projet de loi portant Code de l’Urbanisme, de l’Habitat  et de la Construction au Burundi ;
  10. Projet de loi portant Réforme de la fiscalité Communale ;
  11. Projet de loi portant Codes des Communications électroniques et des Postes ;
  12. Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi de la Convention de l’Afrique Centrale pour le Contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et de toutes pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage dite « Convention de Kinshasa » ;
  13. Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi du Traité des Nations Unies sur le Commerce des Armes ;
  14. Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi de l’Accord modifiant pour la deuxième fois l’Accord de Partenariat entre les membres du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique d’une part et la Communauté Européenne et ses Etats membres d’autre part signé à Cotonou le 23 juin 2003 et modifié une première fois à Luxembourg  le 25 juin 2005 ;

11. En ce qui concerne le contrôle de l’action gouvernementale, le Sénat  va continuer l’activité  qu’il a  entamée  lors de la session d’octobre 2015,  d’enquêter sur le respect des équilibres constitutionnels dans les Forces de Défense et la Police en matière ethnique, régionale et de genre. C’est un travail qui a requis suffisamment de temps, exécuté par une équipe issue du Sénat, de la FDN et de la Police Nationale. Vous comprenez aisément que le résultat de cette enquête sera suffisamment crédible.

12. Le Sénat, en tant qu’organe élu par le peuple, lance encore une fois  un appel vibrant  aux membres de ces corps de sécurité, eux-mêmes faisant partie des burundais ayant élu ce corps comme les autres burundais, de redoubler de vigilance, comme d’ailleurs ils l’ont démontré ces derniers temps, afin que personne ne les divise. Nul n’ignore qu’il y a des gens  qui sont prêts à envoyer  des troupes étrangères au Burundi, et ainsi annihiler leur bravoure légendaire au niveau international.  Nous profitons de cette occasion pour demander au gouvernement  de renforcer sa lutte contre le terrorisme et d’être toujours vigilant, de protéger notre chère patrie,  étant donné que nous observons ces jours-ci des actes  ignobles de terrorisme où on attaque les positions des forces de l’ordre, voir même  les camps militaires.

Honorables Sénateurs,

Distingués invités,

13. Aujourd’hui, nous sommes très ravis de l’étape déjà franchie par la Commission  Nationale  de Dialogue Inter- burundais. En tant que représentants du peuple, il nous ont instamment demandé que toutes les catégories soient approchées afin qu’il n’y ait pas d’idée qui soit inhibée. Quant aux détracteurs, nous leur faisons plutôt un clin d’œil pour qu’ils y participent, car l’adage rundi dit : « UTARA MU NDA UGATARURA IBIBOZE » et ils doivent aussi comprendre qu’en démocratie, celui que la population élit massivement est celui-là même qui est appelé à la représenter, et que la prise de pouvoir par la force et les dictatures n’ont plus de place dans notre pays le Burundi. La propagation des écrits alarmistes, pleins des mensonges ou qui ternissent les institutions et le pays natal, lui creuser la tombe n’est pas du tout la solution. Mais nous attestons sans ambages que le Burundi appartient à tous les burundais, ce Burundi est le berceau de nous tous les burundais sans exclusive. Ici, nous saisissons encore cette bonne occasion, comme le Sénat et l’Assemblée nationale l’avaient annoncé dans un récent communiqué, pour fustiger et condamner avec notre dernière énergie le montage, par lequel l’avocat belge Bernard Maingain et la chaîne de télévision française France 3,  ont méchamment collé des images macabres au Burundi, des scènes d’une atrocité inouïe tournées quelque part en Afrique de l’Ouest.

14. En ce qui nous concerne, nous allons continuer à visiter la population dans toutes les communes du pays, visiter et accueillir nos amis des quatre coins du monde, qu’ils soient des autres Sénats ou des organisations internationales. Nous répondrons présent aux fora internationaux dont notre Institution est membre chaque fois que nous serons invités.

15.  Nous saisissons cette occasion pour exprimer nos sentiments de gratitude à l’endroit des pays amis et des organisations internationales pour leur inlassable soutien. Cependant, permettez-nous encore une fois de faire un clin d’œil à ceux qui se sont donnés pour mission de salir, faire des montages visant à ternir l’image de notre pays le Burundi. Une autre catégorie de gens sont toujours aux aguets en jetant de l’huile sur le feu en vue de l’isolement du Burundi. Ils doivent tous se rappeler que : « uwutema urwiwe bamutiza umuhoro » (il est plus aisé de t’aider à détruire tes biens qu’à bâtir) pour les uns, et que pour les autres : « agati gateretswe n’Imana nti ahenurwa n’umuyaga » (l’homme propose et Dieu dispose).

Honorables Mesdames, Messieurs les Sénateurs,

Distingués invités,

16. Nous souhaitons qu’au cours de cette session, nous adoptons une nouvelle démarche de réduire sensiblement l’usage du papier, en valorisant les TIC dans notre partage des données et documents. C’est cette conduite que nous recommandons  aux personnel du sénat, pour une bonne gestion de tout le matériel, de même que la ponctualité et la régularité au service, ainsi aurons-nous servi de miroir de la population et du reste des travailleurs.

Nous terminons ce propos sur ces conseils, et cet espoir que tout le monde s’attèle au travail, pour un développement intégral du Burundi.

Nous souhaitons à tous les Honorables sénateurs plein succès dans vos travaux et déclarons ouverts les travaux de cette session parlementaire ordinaire de février 2016.

Que Dieu vous bénisse et vous protège,

Nous vous remercions.

 

 

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