DISCOURS D’OUVERTURE DE LA SESSION PARLEMENTAIRE ORDINAIRE DE JUIN 2016 PRONONCE PAR SON EXCELLENCE HONORABLE REVERIEN NDIKURIYO, PRESIDENT DU SENAT

Bujumbura, le 06 juin 2016

 

Honorable Première Vice-présidente du Sénat,

Honorable Deuxième Vice-président du Sénat,

Honorables Sénateurs,

Monsieur le Président de la Cour des Comptes,

Monsieur le Président de la Cour Constitutionnelle,

Excellences Mesdames, Messieurs les Représentants du Corps Diplomatique et Consulaire,

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

1. Avant de prononcer ce discours d’ouverture  de la session parlementaire ordinaire de Juin 2016, permettez-nous Honorables Sénateurs, distingués invités, de vous souhaiter la bienvenue dans  cet Hémicycle du Sénat.

Ouverture 1

2. Nous ouvrons cette session quelques jours après le décès d’un des Sénateurs qui  était d’ailleurs le doyen d’âge, Honorable Jean Baptiste Bagaza. Il fut Président de la République du Burundi depuis 1976 jusqu’en 1987. Nous vous prions de vous lever et d’observer une minute de silence, en sa mémoire.  

(Je vous remercie).

3. Cette session que nous commençons aujourd’hui est la deuxième de l’année conformément à la Constitution.

Nous nous réjouissons du pas déjà franchi depuis le début de cette législature en accomplissant  la mission que le peuple nous a confiée, celle d’analyser et d’adopter les projets de loi, de contrôler l’action gouvernementale, de surtout visiter régulièrement l’électorat, de renforcer les relations d’amitié entre le Sénat du Burundi et les autres institutions parlementaires, ainsi que les organisations régionales et internationales, etc.

Honorables Sénateurs,

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs

4. Conformément aux lois régissant le Sénat, le mois de mai est un mois de vacances parlementaires. Vous l'avez cependant consacré aux descentes à l’intérieur du pays pour échanger avec la population et vous joindre à elle dans les travaux de développement communautaire. Permettez-nous, Honorables Sénateurs de vous féliciter car vous avez montré que vous accomplissez la mission pour laquelle vous avez été mandatés.

Ouverture 2  

5. Comme nous avons mis en marche un programme de descentes dans tout le pays, à commencer par les provinces, nous en sommes maintenant au niveau des communes, où nous avons déjà visité 49 communes des provinces Rumonge, Makamba, Rutana, Bururi, Ruyigi, Cankuzo, Muyinga et Kirundo.

6. Les membres des comités mixtes de sécurité, les représentants de la population à travers la quadrilogie,  ont eu l’occasion d’échanger sur les grands défis quxquels ils font face, et de dégager ensemble des voies de solutions au défi majeur de sécurité.

7. Ils ont fustigé les propos visant à diviser les forces de défense et de sécurité, leur attribuant des noms divisionnistes, en disant que certains sont des anciennes forces  armées burundaises, d’autres des groupes armés, faisant fi de la fusion qui a donné naissance à une institution républicaine unique il y a déjà plus de dix ans, sauf qu’on y distingue la Police Nationale et la Force de Défense Nationale.

8. Concernant les réfugiés, nous nous sommes inscrits en faux contre la façon dont les burundais considérés comme irréguliers au Rwanda, ont été expulsés, laissant derrière  leurs biens et familles. Cette attitude viole les lois internationales.

9. Mais, comme nous l’avions dit quand nous étions dans les communes qui ont accueilli ces familles, nous lançons encore une fois un appel vibrant aux burundais qui habitent dans ces localités, pour qu’ils les traitent comme leurs frères et sœurs et les assistent, car c’est notre coutume. 

10.  Le Burundi nous appartient tous, tout Burundais a librement sa place, et même un étranger qui aime le pays est le bienvenu.  

Nous profitons de cette occasion pour lancer un appel à ceux qui ont fui le pays pour qu’ils puissent retourner, car les portes sont toujours ouvertes à ceux qui rentrent chez eux, pourvu qu’ils renoncent à l’attitude visant à remettre en cause la volonté de la population par la voie des armes.

11. Que chacun comprenne que le pays se développe grâce aux efforts de ses propres citoyens. Personne n’aimera le Burundi plus que les Burundais eux-mêmes.  

Il nous faut changer de mentalité, au moment où certains anciens amis étrangers qui participaient au développement  du pays ont suspendu leurs aides pour une raison ou une autre, et redoubler d’efforts dans les activités de développement.

12. Il a été démontré que la force et les moyens des burundais, une fois mis ensemble, que ce soit lors des travaux de développement communautaire ou dans l’organisation d’un régime de gouvernement démocratique, ont développé le pays très rapidement, de façon que la production a sensiblement augmenté jusqu’à un niveau jamais égalé depuis l’indépendance de notre pays.

13. Nous profitons de cette occasion pour demander aux experts en évaluation du niveau de l’économie du pays, de tenir compte aussi des réalisations de la population lors des travaux communautaires.

Nous citons entre autres les écoles, les centres de santé, les pistes ainsi que les ponts construits par la population lors des travaux communautaires.

14. Comme l’a signalé son Excellence le Président de la République à l’occasion de la Fête du travail et des travailleurs, interpelant les travailleurs à plus d'ardeur au travail, nous saisissons aussi cette occasion pour demander à tous les responsables de prendre des mesures appropriées conformément à la loi à l’endroit des travailleurs qui brillent par l'absentéisme au travail. Ce dernier n'est rien d'autre qu'une façon de profiter  des efforts des autres et une malversation des fonds de l’Etat.

Honorable sénateurs;

Distingués invités;

15. Conformément à l’article 189 de la Constitution, l’Etat nous a envoyé dix projets de loi à analyser durant cette session parlementaire. Permettez-nous de vous les présenter :

  1. Projet de loi relative à l’insolvabilité du Commerçant au Burundi ;
  2. Projet de loi portant Système National de Paiement ;
  3. Projet de loi portant organisation de la Pêche et de l’Aquaculture ;
  4. Projet de loi portant Code Forestier ;
  5. Projet de loi portant Code de l’Aménagement du territoire du Burundi ;
  6. Projet de loi portant les Suretés Mobilières Conventionnelles au Burundi ;
  7. Projet de loi portant Code de l’Urbanisme, de l’Habitat  et de la Construction au Burundi ;
  8. Projet de loi portant Ratification par la République du Burundi de l’Accord modifiant pour la deuxième fois l’Accord de Partenariat entre les membres du groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique d’une part et la Communauté Européenne et ses Etats membres d’autre part signé à Cotonou le 23 juin 2003 et modifié une première fois à Luxembourg  le 25 juin 2005 ;

9) Projet de loi régissant des activités bancaires ;

10) Projet de loi portant ratification par la République du Burundi de l’Accord sur l’Etablissement de Force en attente d’Afrique Orientale ;

11) Projet de Règlement et Compte Rendu Budgétaire Exercice 2014 ;

12) Projet de loi portant protection des victimes, des témoins et autres personnes en situation de risque ;

13) Projet de loi portant Prévention, Protection et Répression des Violence  basées sur le genre.

16. Nous commençons cette session quelques jours après que différents groupes  notamment les partis politiques, la société civile et autres se sont rencontrés pour le dialogue au Burundi et à Arusha en Tanzanie, où l’assistant du médiateur dans le conflit burundais, Son Excellence Benjamin Mkapa les avait invités pour recueillir leurs avis.

17. En tant qu’institution qui représente la population, nous saluons l’étape déjà franchie dans le processus du dialogue à l’intérieur du pays au niveau des communes. A travers les idées de la population, il est évident que les solutions aux différents problèmes viendront de la volonté des burundais eux-mêmes.

En ce qui nous concerne, nous demandons à l’Etat de mettre en exécution sans tarder quelques suggestions soulevées par la population dès le début du dialogue interne. Une fois une maladie diagnostiquée, il ne reste qu’à la traiter.    

18.  Pour ce qui concerne le dialogue entre différents acteurs burundais qui s’est dernièrement tenu à Arusha en Tanzanie, sous l’égide de l’assistant du médiateur dans le dialogue inter-burundais, Son Excellence Benjamin Mkapa, ex- Président de la République Unie de Tanzanie, le Sénat du Burundi que nous représentons salue l’étape déjà franchie mais demande le respect des dispositions de la résolution des Nations Unies précisant ceux qui  peuvent participer à ce dialogue ou pas.

19. Comme ceux qui ont participé au dialogue inter-burundais l’ont signalé, il ne faut pas que les consultations à Arusha aient des objectifs rusés de partage du pouvoir comme cela a été le cas dans le passé. Nous interpellons les politiciens de beaucoup  faire attention pour ne pas tomber dans le piège et remettre en cause la volonté du peuple comme ils l’avaient fait lors des négociations de Kigobe et Kajaga.

 Honorable sénateurs;

Distingués invités;

20. Durant cette session ordinaire de juin, nous allons continuer à renforcer les relations d’amitié  avec  d’autres Sénats et  organisations internationales comme nous l’avons déjà entamé. Nous allons continuer à montrer comment les groupes terroristes sévissent dans notre pays, pour qu’ils soient considérés de la même façon que d’autres groupes terroristes, et  combattus comme les autres.

21. En plus, nous allons mettre en application les recommandations issues des réunions et des audiences dans d’autres sénats étranger et dans des organisations internationales. Nous profitons de cette occasion pour remercier le Parlement Panafricain, pour les recommendations émises au sujet de la situation au Burundi. Nous remercions solennellement les pays amis ainsi que les organisations internationales pour leurs appuis permanents.

Nous apprécions la démarche entreprise par  l'Union Interparlementaire et le Forum parlementaire des pays membres de la CIRGL, à travers laquelle une délégation en visite au pays s'est rendue sur terrain pour assister au dialogue inter-burundais.

22. Comme le Parlement Panafricain l’a signalé lors de sa session ordinaire tenue en Afrique du Sud du 02 au 13 mai de cette année, l’Union Africaine et l’ONU devraient se mettre ensemble pour aider la Commission Nationale du Dialogue Inter-burundais (CNDI) et la Commission Vérité Réconciliation (CVR).  

Honorable Sénateurs;

Distingués invités;

23. Avant de conclure notre propos, nous voudrions encore une fois remercier les Honorables Sénateurs de la façon dont vous avez répondu à l’appel qui vous avait été lancé lors de la clôture de la session ordinaire de février en vous rendant sur terrain, ensemble avec les comités mixtes de sécurité et en trouvant des solutions aux problèmes ainsi que votre implication pour préserver la paix et la sécurité.

24. Ne vous lassez pas parce que la représentation du peuple est une mission. Restez près d’eux, travaillez en synergie, priez ensemble, préparez ensemble des activités sportives, vous savez très bien qu’ils constituent une excellente façon de rassembler les gens et de se détendre. 

25. Nous remercions encore une fois les distingués invités qui ont pris part à ces activités. Nous souhaitons aux Honorables Sénateurs un bon travail et de rester toujours auprès de la population qui les a mandatés.

C’est sur ce souhait que nous déclarons ouvertes les activités de la session ordinaire de juin 2016.

Que Dieu vous bénisse et vous protège.

Nous vous remercions.

 

Write a comment

No Comments

No Comments Yet!

Let me tell You a sad story ! There are no comments yet, but You can be first one to comment this article.

Write a comment
View comments

Write a comment

Your e-mail address will not be published.
Required fields are marked*