Interview avec le 2 ème Vice-président du Sénat

ANICET1

A son retour de Bruxelles où il vient de participer à la 40 ème session de l’Assemblée Parlementaire ACP et à la 30 ème session de l’Assemblée Parlementaire paritaire ACP-UE, le 2 ème Vice-Président du Sénat, Honorable Anicet NIYONGABO dresse un bilan positif de la participation de la délégation du Parlement burundais. Il s’est confié à Alexandre NTAHOMVUKIYE de Service Communication du Sénat.          

 

Alexandre NTAHOMVUKIYE ( A.Nt) : Hon. 2 ème  Vice-président du Sénat du Burundi, vous venez de participer à la 40e  session de l’Assemblée parlementaire ACP et à la 30e session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE du 2 au 9 décembre 2015 à Bruxelles en Belgique. Pourriez-vous nous tracer le déroulement des activités de ces sessions ?

Hon. Anicet NIYONGABO (Hon. A. Ni) : J’ai conduit la délégation parlementaire du Burundi c'est-à-dire Assemblée Nationale et Sénat du Burundi à la 40e session de l’Assemblée parlementaire des pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ainsi qu’ à la 30ème  session conjointe et paritaire de l’Assemblée parlementaire ACP-UE. Au cours de ces sessions beaucoup de questions, beaucoup de rapports d’étude ont été analysés mais je vais certainement retracer les questions les plus importantes. Je dois signaler d’emblée qu’en réalité les travaux de la 40e session de l’Assemblée parlementaire ACP étaient destinés à préparer la 30e session de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE. Ces assemblées sont réparties en trois commissions : la commission des affaires économiques et du développement, la commission des affaires sociales et de l’environnement et la commission chargée des affaires politiques.

Au niveau de la commission chargée des questions économiques et du développement, on a passé en revue la mise en œuvre du 11ème  FED qui finance des projets dans les pays ACP avec des fonds accordés par l’Union Européenne. On a constaté que le 11ème FED est en train de se dérouler correctement mais on a recommandé que des stratégies soient rapidement élaborées pour préparer l’après 11ème FED ; le 11ème FED s’étend de l’année 2014 à l’année 2020, il est donc opportun de commencer déjà à se préparer à l’après 11ème FED pour que la coopération économique puisse continuer dès que le 11ème FED aura été entièrement mis en œuvre.

Toujours au niveau économique et du développement, on a également analysé un rapport d’études sur l’électrification de l’Afrique. Il a été constaté qu’aucun pays du monde ne peut se développer sans avoir de l’énergie en qualité et en quantité suffisante. Un appel a donc été lancé aux pays européens pour qu’ils aident les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à investir dans la production de l’énergie et dans des infrastructures énergétiques pour pouvoir financer le développement.

Au niveau de la commission sociale et de l’environnement vous savez bien qu’au même moment il se tenait à Paris la conférence mondiale sur les changements climatiques  appelée COP 21. Alors les parlementaires réunis au sein de la 30e session de l’Assemblée parlementaire ACP-UE ont souhaité qu’un accord soit conclu au terme de la COP 21 dans le cadre de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et que cet accord soit impératif, obligatoire et contraignant pour les Etats afin qu’il puisse être mis en œuvre dans le sens de la réduction du réchauffement climatique d’au moins 2 degré Celsius. Il a été également demandé que les pays européens et d’autres pays développés qui sont en réalité responsables de la plupart des gaz à effet de serre qui sont rejetés dans l’atmosphère que ces pays puissent aider les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à améliorer leur résilience afin de faire face aux changements climatiques, étant donné qu’ils ont des conséquences néfastes sur l’environnement dans le monde. Il y a aussi des rapports d’études qui ont été analysés concernant l’évitement des catastrophes sanitaires et la scolarisation universelle dans les pays ACP.

Au niveau de la commission chargée des questions politiques, il était essentiellement question d’analyser un rapport sur l’état de la démocratie dans les pays de l’Union Européenne et dans les pays ACP. A ce titre, je rappellerai qu’au mois de septembre 2015, l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE avait recommandé que soit élaboré et voté en décembre 2015 une résolution sur la situation post-électorale au Burundi. La délégation du Burundi a eu l’occasion d’expliquer en long et en large la situation qui prévaut au Burundi, la situation qui prévalait avant et pendant les élections et la situation qui prévaut actuellement après les élections. Il a été constaté que les parlementaires européens qui étaient initiateurs de cette résolution avaient des données erronées sur lesquelles ils basaient la dite résolution, nous avons eu l’occasion d’expliquer et de montrer la réalité qui prévaut au Burundi, de montrer que certains éléments motivant cette résolution étaient complètement erronés. Je me dois de signaler que les parlementaires des pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique ont manifesté un soutien indéfectible au peuple burundais et l’ont exprimé séance tenante. Nous avons eu l’occasion de les remercier pour cet appui et soutien et en ce qui concerne les parlementaires européens nous leur avons demandé de baser leurs résolutions et leurs déclarations sur des éléments objectifs ; parce qu’ils adressaient des messages  assez sévères au gouvernement du Burundi, nous leur avons demandé d’adresser des messages réalistes au gouvernement du Burundi mais aussi à l’opposition radicale du Burundi parce que, qui veut la paix au Burundi donne des conseils aussi bien au gouvernement qu’à l’opposition.

Nous avons également demandé que des délégations de parlementaires représentant les pays ACP et les pays de l’Union Européenne puissent se rendre au Burundi pour que ces parlementaires constatent par eux-mêmes la situation réelle qui prévaut au Burundi et puissent la rapporter correctement dans leurs pays, afin que les partenaires qui peuvent et qui veulent aider le Burundi puissent le faire en toute connaissance de cause.

Au terme de l’Assemblée paritaire ACP-UE, la délégation du Burundi a produit une déclaration qu’elle l’a lue séance tenante et que vous pourrez également consulter.

 

A.Nt : A travers les échanges, comment avez-vous trouvé la  position des uns et des autres ?

Hon. A. Ni : A travers les échanges en ce qui concerne le Burundi nous avons constaté d’abord que les parlementaires de l’Union Européenne étaient très sévères vis-à-vis du gouvernement du Burundi, ces parlementaires avaient l’impression que rien ne marche au Burundi, leur position était comme tel parce que les données à leur disposition ne traduisaient pas la réalité des faits au Burundi. Par contre les parlementaires des pays ACP ont fait preuve de compréhension à l’égard du Burundi, ils ont exprimé leur soutien au peuple burundais, leur soutien aux institutions burundaises ( le gouvernement et le Parlement). Nous avons eu l’occasion d’exprimer notre gratitude envers les parlementaires des pays ACP. Nous avons aussi demandé que l’on s’intéresse davantage au Burundi en consultant toutes les parties prenantes sur les questions burundaises au lieu d’écouter uniquement un seul son de cloche, au lieu de baser leurs déclarations sur ce qui est écrit sur les réseaux sociaux qui exagèrent les positions.

A .Nt : Quel intérêt le Burundi va-t-il tirer de cette rencontre de Bruxelles ?

Hon. A. Ni  : D’abord je dois dire que cette Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE œuvre dans l’intérêt de tous les pays ACP et de tous les pays de l’Union Européenne, mais en ce qui concerne particulièrement le Burundi, le Burundi comme les autres pays du monde tire un intérêt au niveau de la coopération, au niveau des relations entre les pays de l’Union Européenne et ceux de l’ACP je vous ai parlé par exemple du 11ème FED qui est en cours de mis en œuvre et le Burundi bénéficie également de la coopération en ce qui concerne le 11ème FED, nous avons une enveloppe d’environ 440 millions d’euros qui est en train de financer des projets de développement dans divers secteurs de la vie économique du Burundi. Mais je dois dire également que le Burundi tire de cette Assemblée un intérêt politique et diplomatique. Le Burundi a pu s’exprimer dans le Concert des Nations au niveau de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE ce qui est important, le Burundi a pu faire comprendre sa voix et expliquer la réalité qui se trouve sur le terrain au Burundi. Cette présence du Burundi parmi les autres nations du monde permet d’améliorer les relations politiques, diplomatiques entre le Burundi et les pays de l’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique et les pays de l’Union Européenne.                         

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